Définition de l’acceptation : Accepter ce n’est pas être satisfait ou heureux d’une situation; ce n’est pas vouloir que tout demeure. Accepter c’est l’action de reconnaître ce qui est. Car on se doit de reconnaître et d’accepter afin de permettre la transformation d’un état et ou d’une perception.

Le deuil est une expérience inconfortable et douloureuse; du moins, elle n’est jamais banale. Elle éveille en nous un espace de vulnérabilité, donnant une sensation de vertige intérieur. Instinctivement nous cherchons à contrôler cet état, ce qui rend parfois l’expérience plus exigeante et plus longue à surmonter.

En coaching, il existe la notion d’acceptation. Évidemment, je ne parle pas d’accepter le deuil en tant que tel. Je parle plutôt de nos états internes.

Il est possible d’alléger cette période, en modifiant nos perceptions, et en acceptant ces états tels qu’ils sont, sans les juger.

Nous devons rester conscient qu’il n’y a pas deux deuils vécus de la même façon, chaque deuil est unique, mais que de manière générale vous pourrez limiter vos résistances et cheminer plus harmonieusement à travers vos étapes de deuils en étant conscient de ces 6 notions d’acceptation.

Voilà donc ces 6 principes

Le deuil est un processus – espoir

Comparable au parcours du chemin de Compostelle, il est impossible de faire ce cheminement de deuil, sans avancer, un pas à la fois. Nous devons accepter qu’un deuil demeure un parcours rempli d’expériences que nous ne contrôlons pas. Ni les tempêtes, ni les embûches, ni les ressources inattendues. Le début du parcours peut s’avérer plus abruptes, car c’est souvent en chemin que nous réalisons ce dans quoi nous nous sommes embarqués. La fatigue, le découragement, le goût de retourner au confort, la colère, l’incertitude sont souvent du paysage lors de cette traversée. Mais si on perdure, nous y découvrons aussi, avec le temps; des présences inattendues, des forces intérieures insoupçonnées! Accepter que le deuil soit un processus devrait alimenter l’espoir qu’un jour la douleur saura se transformer, et s’apaiser.

Accepter sa vulnérabilité – Développer de nouvelles forces en soi

La vulnérabilité nous donne l’impression d’aller au front sans armure. Elle sollicite toutes nos ressources internes afin de développer de nouvelles forces à ce combat qui surgit en nous. Accueillie, elle fait naître l’humilité qui nous permet la force, le courage et la capacité d’affronter ce qui se présente à nous. La vulnérabilité et l’humilité sont des outils nécessaires afin d’apprendre lors d’une épreuve. Elle tend à nous amener à la profondeur de la vie et nous éloigner du superficiel. Mais cette période nous propose toujours deux directions, la profondeur (vulnérabilité et humilité de reconnaître l’humain et les peurs vécues en nous) où la surface (difficulté et insécurité liées au fait de ressentir). Accepter la vulnérabilité « aiguise » nos antennes, les rendant prêtes à détecter toutes ressources possibles à notre propre victoire… la résilience (cette capacité de poursuivre autrement)

Accepter nos états – Cesser la bataille interne

Le choc, l’impact, la fatigue, la perte de contrôle, tous les mouvements internes peuvent provoquer des changements d’humeur constants. Durant cette période il n’est pas approprié de prendre de grandes décisions. C’est plutôt une période où l’on doit accueillir ce qui se passe en nous. La tristesse, la colère, l’intolérance, les rires nerveux, les sensations de vide, toutes les émotions se bousculent, nous faisant passer d’un état d’âme à un autre, même s’ils sont parfois complètement à l’opposé. On se retrouve dans une période d’incohérence et de contradictions. Habités par ces états nous sommes aussi empreints à des réflexions et des discussions plus profondes. C’est à travers cette ouverture, que de nouveaux liens avec les proches et que de nouvelles rencontres peuvent survenir. Quoi que l’on pense, l’expression saine des émotions est positive et nécessaire. Elle permet à cette énergie de circuler et donc de guérir peu à peu l’impact du choc. Il n’y a pas plus épuisant physiquement que de réprimer l’énergie émotive qui circule en nous. Si retenue, elle influence nos choix, nos actions, nos pensées et nos relations. On doit apprendre à laisser passer, afin de revenir à un état plus stable et plus calme. Accepter nos états et nos émotions, c’est diminuer les résistances intérieures.

Accepter l’espace de désorganisation – Le lâcher prise

La désorganisation est fréquente durant une période de deuil. Elle se retrouve parfois au niveau émotif et ou physique. Cette désorganisation pourrait se comparer à une perte de contrôle avant de retrouver l’équilibre. Rien ne sert de se dévaloriser et de se bousculer. Cette période n’est qu’épisodique (perte de mémoire, manque de concentration, agitation, hyperactivité, engagement difficile à tenir etc.). Cette étape nous enseigne le lâcher-prise. Il est illusoire de croire que la tentative de contrôle, exercée avec tant d’effort, créé des résultats souhaités. Réaliser que l’on ne contrôle, ni les évènements, ni les émotions rattachées, peuvent diminuer le déni et ou la sensation d’inconfort. Sachez que cette désorganisation est normale, pour un moment. Nous devons simplement l’accepter et viser plutôt de prendre soin de nous. Nous concentrer sur ce qui vous fait du bien. La nature est souvent source de calme et d’apaisement. Accepter l’espace de désorganisation, c’est sortir le drapeau blanc qui revendique la paix interne.

Accepter de recevoir – Reconnecter à la Gratitude

Nous devons accepter de recevoir. On ne parle pas de dépendance aux autres ou de se déresponsabiliser. On veut dire accepter les attentions, l’écoute et les bons soins de nos proches. Habité par l’impuissance, l’entourage ressent parfois le besoin d’alléger notre quotidien puisqu’il ne peut changer la situation. En période de deuil, il est fréquent de ressentir une lourdeur dans son quotidien, de ressentir qu’on a peu à offrir aux autres; c’est normal et c’est exactement à ce moment qu’il est temps de recevoir. L’aide de notre entourage ne changera pas la situation, mais elle permet, à cette étape, de se concentrer sur ce qui se passe en nous. Accepter de recevoir sans perdre notre autonomie, simplement en étant conscient de ce partage. Nous laisser habiter par la gratitude et ces échanges permettra peu à peu de ressortir de la zone d’inconfort. Accepter de recevoir, c’est reconnaître inconsciemment l’importance de ces personnes dans notre vie.

Accepter de donner un sens à l’épreuve – Résilience

Concevoir de donner un sens à l’épreuve n’est pas obligatoire, mais elle est porteuse d’éléments clés dans la recherche du bonheur. Inutile de préciser qu’il n’y a pas de temps propice à l’atteinte d’un tel objectif. On pourrait comparer cette étape à une récolte. Des mois voire même des années peuvent être nécessaire à rendre le sol fertile. Plusieurs actions sont nécessaires afin d’atteindre un résultat. Cultiver le sens d’une épreuve, aide concrètement la reprise de pouvoir sur sa vie, permet d’extraire les mauvaises herbes et de ne garder que les fruits. L’épreuve nous ayant obligé à développer d’autres techniques.

J’adore l’analogie de l’auteur Josée Jacques comparant le deuil aux 4 saisons. Je me permets donc de reprendre cette image et de vous comparer, à ma façon le deuil, aux 4 saisons.

L’hiver : Le choc, sensation que tout se fige en nous. Pensée qu’il sera impossible d’y récolter quoi que ce soit. La vie ne sera plus jamais la même en nous. Période froide, pensées restreintes, gel émotif.

Le printemps : Tout à coup, le dégel survient, le mouvement est plus facile. La lumière, le soleil nous permet doucement de redécouvrir ce qui était enseveli, caché, et nous incite à revenir aux sources. Le travail est présent, les émotions fréquentent pourraient se comparer à l’engrais nécessaire à une meilleure fleuraison. L’espace de récolte semble inapte, mais la mémoire incite l’espoir … il y a déjà eu des fruits ici ! Lentement une petite action suit une autre et nous permet de se redécouvrir. La survie qui nous a habitée, nous permet un regard nouveau sur un simple bourgeon, Tout est lent à cette période car c’est de l’intérieur que le plus grand de la vie émerge.

L’été : Tout le travail sur mon terreau fertile porte fruit. Je récolte, j’apprécie, je revis! J’apprécie la chance du jardin passé, mais je reconnais maintenant que l’état de survie m’a permis de créer de nouvelles semences.

Les nouveaux fruits me rendent plus confiante et grande comme personne. La mémoire de la douleur est présente, mais elle me propulse à goûter autrement les choses qui jadis étaient acquises. Je me surprends à sourire, à rire de bon cœur … Après avoir tant pleurer, n’est-il pas approprié de rire ? Le moment présent est envisageable, il me rend capable d’apprécier ce qui est. Malgré quelques journées de pluie ou le doute s’installe, je désire m’investir à faire grandir la vie et le plaisir en moi. Le plus grand et le plus fort des arbres est né d’une toute petite semence.

L’automne : Cette étape permet le recul, la période de labeur s’achève. On prend conscience des récoltes et on admire les transformations qui continuent de faire leurs œuvres. Les couleurs ont changées, je prends conscience de ma valeur de mes forces, pour avoir créé toute cette vie avec si peu.

Je confirme qu’en effet depuis l’hiver, la vie n’est plus la même en moi, mais d’une façon différente que j’avais pensé, l’épreuve nous a laissé des trésors cachés.

Chacune des saisons ont été complices à la naissance de nouvelles forces en moi. Je me rappelle que cette terre ensevelie ne me laissait présager aucune éclosion possible. Alors si à une prochaine épreuve l’hiver survient à nouveau … je me rappellerai ! Je comprends ce que l’on voulait dire quand on me répétait … ‘’tu es si fort de traverser tout cela !’’ Car maintenant avec ce recul, je réalise tout ce qui a dû se déployer en moi et toute la ténacité nécessaire que j’avais, sans le savoir, afin de traverser l’hiver et d’y faire renaître l’été.

Car contrairement à notre Québec qui impose ses saisons aux fils des mois. C’est nous qui devons prendre la décision de transiter d’une saison à une autre.