La santé suite à un deuil devient à large spectre, selon moi on y retrouve la santé physique, psychologique, émotive et spirituelle.
En parlant de santé spirituelle, j’ose une fois de plus emprunter la voix d’un grand tabou, mais je désire l’aborder, car religion passé mode pour plusieurs, la spiritualité détient le pouvoir de nous redonner la foi, mais cette fois-ci, c’est la foi en soi qui est proposée. Parce qu’après avoir vécu un drame et tant souffert, comment ne pourrait-on pas mourir d’envie d’y donner un sens à cette souffrance.
Je désire exprimer ce que plusieurs clients m’expriment avec gêne et parce-que moi-même j’ai eu de la difficulté à l’assumer. La spiritualité n’est pas plus à la mode, en fait on la juge tout autant ! Je le sais, je l’ai moi-même jugée dans le passé. On juge souvent ce qu’on ne connait pas, si j’avais su qu’en fait indirectement je jugeais le fait de croire en soi !

Ayant enseignée la massothérapie, cela m’a permis d’entrer en relation étroite avec la santé holistique du corps. Pour ma part, j’ai une santé physique ‘’béton’’ je n’ai, qu’à l’honorer et en prendre bien soin, quelle chance j’aie !!!

Cependant ma santé a été atteinte à d’autres niveaux Je parle de santé psychologique, émotive, de santé spirituelle et du lien direct avec l’amour de soi.
Quoi que je n’aie jamais connu de diagnostic de dépression, « burn-out » où n’importe laquelle des pathologies reconnues et transparentes, à une certaine époque, au « sommet » d’une période de deuil, j’ai tout de tout de même, élégamment, « flirté » avec l’anxiété sociale (difficulté à être en contact avec les gens, retrait social) et les psychoses (perceptions distorsionnées, hallucinations, idées plutôt délirantes).
Du haut de mes 23 ans, j’étais devenue experte sprinteuse devant l’épreuve. Devenue rigide pour braver la tempête, rationnelle pour séduire mes proches, j’ai inconsciemment étouffée mes peurs, mes émotions mais aussi mes besoins et mes désirs. Je devenais une loque humaine qui paraissait au-dessus de ses affaires, qui ne pleurait pas… mais qui ne riait pas non plus. Mon corps tentait d’exprimer un message, dans un dialecte que je ne comprenais pas. Je me trouvais à des années lumières de moi-même.
Persuadée que demander de l’aide me transformerait en une ‘’faible mauviette’’, j’avais développé une atrophie de ma capacité de ressentir mes besoins. Ma médecine était de tourner mon regard vers l’autre, de développer mon acuité à percevoir les besoins des autres avants même que, besoins il y est …. Cela paraît bien dans un curriculum vitae, mais en fait, c’est un réel handicap.

À cette période, je me rappelle être traumatisée de voir certaines personnes demander sans gêne et insister jusqu’à ce que mort s’en suive… Je ne m’habitue aucunement à cette attitude d’enfant roi. J’ai également, profondément souffert, à voir ma mère penser aux autres avants elle et faire abuser de sa bonté toute sa courte vie…Ça me dégoutait, mais j’ai pourtant reproduit la même chose, quelques années plus tard!
J’entrepris des lectures, des études, des thérapies… J’appris à exprimer mes limites un peu plus, à ressentir mes besoins un peu mieux, mais il y avait anguille sous roche… Ma peur d’être abandonnée… c’est envahissant la peur de l’abandon… ça nous chuchote constamment à l’oreille d’accepter l’inacceptable.
Inconsciemment c’est comme si je payais de gestes, afin d’avoir une famille! Je me disais « Voyons Karine, les gens doivent t’aimer pour ce que tu es, non pas pour ce que tu leurs apportes ». Il doit y avoir une notion de partage (ce qui inclus donner et recevoir de part et d’autre) … Il doit y avoir une capacité à s’excuser et à pardonner (cela se fait à deux). J’avais acheté l’idée que je devais être indispensable dans toutes mes actions afin de ne pas être abandonnée… Je n’avais pas compris, que dans un tel revers à chaque fois que je ne me respectais pas, c’est moi qui s’abandonnais !

« Jamais je ne me suis sentie plus seule, que le jour où je me suis abandonnée moi-même. »
Karine

J’ai appris la leçon jeune…. « On ne fait pas aux autres, ce qu’on ne voudrait pas se … » Ah vous la connaissez aussi? !
Eh bien voilà une prémisse que je me suis créée afin d’atteindre un meilleur équilibre… « Je n’accepterai plus qu’on me fasse, ce que je ne n’accepterais pas de faire aux autres ». Ça ramène au respect de soi. Ce mantra est devenu ma référence interne directe afin de me permettre de dire, NON, sans culpabilité!
Quoi qu’il en soit…si on ne se respecte pas, il est impossible de ressentir une santé psychologique. (Je pourrais vous faire un billet complet et très rigolo sur mes expériences de cheminement à mettre mes limites)

C’est à ce moment au travers mes 5 emplois que j’ai entrepris un atelier de méditation. En fait, je m’étais présentée à ce cours, afin de ne pas décevoir mon amie.
Peu emballée de passer 1h à respirer dans une position de tortionnaire, et pas très jojo à l’idée de perdre une minute pour mes 1001 projets. (J’avais souvent surpris ma mère à méditer, ça me semblait une perte de temps.) Que fût ma surprise de me retrouver assise confortable à respirer profondément, à réaliser que ce train qui défile dans ma tête, avance sans destination.
Après 1 heure d’atelier… j’étais stupéfaite… je ressentais ‘’du calme’’ moi qui pensais que c’était plate ‘’le calme’’… Je repartie de cette première rencontre leeeeen-teeee-meeeeent vers la maison, j’aurais dû activer mes 4 clignotants de secours sur mon auto, pour faire la route du retour. Je venais de faire la rencontre de ce contre quoi, je me battais depuis trop longtemps. Depuis ce jour ma vie a changée, mon soldat intérieur a déposé les armes. J’ai vécu un coup de foudre avec la spiritualité.

C’est un cheminement ! Évidemment rien n’est parfait, mais vous seriez surpris de voir la différence physique et psychologique que la spiritualité a équilibrée dans ma vie. Quelques mois suite au début de ma pratique, mes nouveaux groupes étudiants me décrivait comme étant calme et douce, et cela fréquemment! Vous ne pouvez imaginer mon sourire interne… J’ai pris du temps à saisir que : « On EST de l’intérieur, vers l’extérieur ». Ce qui nous habite, on le dégage de tous nos pores de peau, tout ce que l’on porte… nous entoure, comme une aura. Aujourd’hui, j’enseigne la méditation, c’est ma médication. N’allez pas penser que je fais la promotion de mes services, c’est plus que cela…
Je désire vous vendre l’idée que votre état intérieur est prédominant dans votre santé. Ce qui remonte quand vous êtes en silence ou entre deux tâches, c’est ce qui est prêt à émerger, c’est ce qui demande de l’attention, c’est dans le silence que la relation avec vous se développe. J’ai donc commencé à détourner le regard des autres pour le porter à l’intérieur de moi. Je me disais : « Tu as pratiqué le don aux autres depuis si longtemps… tu devrais bien t’en sortir à te donner toi-même, après tout, ce n’est que la direction qui change ».
Il est faux de croire que c’est souffrant de s’occuper de soi et de ses peines. Le seul moyen de boucler, c’est d’accueillir. Pour moi la méditation fût une réelle porte d’entrée, pour comprendre que, je devais apprendre à donner et recevoir en équilibre, que je devais entrer en relation avec moi afin d’être cohérente et authentique avec les autres.

La spiritualité a transformé :

  • Mes attentes en ententes
  • Mes échecs en leçons de vie
  • Mes peines en écoute de moi
  • Mon côté sauveur en confiance en la capacité de l’autre
  • Mes exigences en confiance en la vie

Ma spiritualité a permis à la jeune fille endeuillée de devenir en équilibre afin de mieux aider les autres à retrouver leur propre pouvoir sur leur vie, à transcender l’idée que guérir c’est souffrir, elle m’a guidée à mieux aimer les autres, mais à toujours m’aimer plus, sans narcissisme, simplement en m’acceptant tel que je suis!