La vie en couleur où en noir et blanc.

« J’ai eu la chance étant jeune, d’avoir une mère qui
glorifiait et laissait place à l’expression de qui j’étais. »

Qui n’a pas un jour ressenti la sensation très forte du… « je ne suis pas comme les autres, je ne suis pas normale! »
Quelle liberté ai-je gagnée, lorsque j’ai réalisé qu’en fait, la normalité n’existe pas ? Rien n’est identique, pas même deux jumeaux. La normalité n’est qu’une illusion de laquelle se nourrit le manque de confiance.
Nous sommes ce que les autres perçoivent de nous, nous sommes ce que l’on perçoit de soi-même. Voilà la raison pour laquelle, plus on s’aime, plus on est libre… Libre du jugement des autres, libre de correspondre à ce qui n’existe pas, mais surtout libre de nos propres jugements.
Nous sommes tous différents, NOUS SOMMES UNIQUES! C’est ce qui nous rend attachants, attirants, attrayants… plus on assume cette unicité, plus on dégage un parfum magnifique, parce qu’on honore ce diamant qui nous habite. J’ai longtemps renié mon essence… si j’avais su plus tôt qu’au travers mes épreuves, cette unicité était ma plus grande alliée, si j’avais ressenti à l’intérieur de moi qu’afin de m’estimer et m’aimer enfin, je devais commencer par ne plus cacher cette essence du regard des autres comme si j’en avais honte.

J’ai eu la chance étant jeune, d’avoir une mère qui glorifiait et laissait place à l’expression de qui j’étais. Mon, UNICITÉ, se présentait en moi par une créativité débordante et un côté artistique fleurissant. J’étais naïve et rêveuse (comme plusieurs disaient). Ah quand je repense à cette période, le sourire me vient aux lèvres… Disons que je ne passais pas inaperçue, vêtements originaux, parfois à la limite du déguisement, absence de peur du jugement des autres (heureusement [rires]). La gêne… je ne me rappelle pas l’avoir côtoyée à cette étape de ma vie, déjà leader et empathique, j’étais habitée par une réelle confiance en moi.

C’est à 19 ans, lors du décès de ma mère que ma perception de moi et des autres a complètement changée. Je sais aujourd’hui que le reflet de son regard sur moi était si beau et si sécurisant, que ce n’est qu’en le perdant que je comprenais la liberté d’être qu’elle m’avait offerte. Touchée par le vide de ce reflet, je me suis lancée dans cette recherche de retrouver l’amour inconditionnel. C’est à travers cette épreuve, que la sensation du « je ne suis pas normale » est survenue, j’ai donc complètement renié la jeune personne que j’étais.

Ma mère était partie avec le plus beau regard que j’ai eu sur moi, et je m’efforçais de le retrouver!

D’originale à transparente, d’expressive à effacée, d’authentique à dénaturée, de souriante à blasée, de libre à guerrière… je devenais avec assiduité, l’équivalence de la perception de ma vie… vide, sans goût, je me jugeais autant que je jugeais ma vie.
Peu de ressources sont disponibles lorsque nous ne nous habitons pas. Quatre années me furent nécessaires afin de laisser émerger la petite Karine sensible que j’étais. Notre enfant intérieur ne délaisse jamais notre essence, comme si c’était sa première peluche. Il ne m’a suffi que de lui laisser une place afin qu’elle me redonne accès à un poussiéreux coffre aux trésors…Le mien.
Elle avait tout gardé en réserve. Elle détenait précieusement tout ce qui m’habitait jadis. Oui, j’y ai retrouvé les peines non vécues, évidemment, mais maintenant j’avais aussi les outils pour les accueillir.

J’ai retrouvé le droit d’être différente, le droit de pleurer, parce que bien oui moi, je suis sensible et je pleure en écoutant un Docu-D ou Le roi lion! Je me suis permis d’être vulnérable et d’aller au front sans armure, j’ai avancé libre, avec un drapeau blanc au centre du cœur, j’ai compris la chance d’avoir déjà connu le droit d’être soi. Maintenant, j’accueille ma petite fille intérieure, parfois elle fait la crise, je sais maintenant la rassurer plutôt que de l’ignorer, je lui donne le droit à l’échec, lui apprend l’imperfection. Du fait, plus j’y pense, plus je m’offre ce regard inconditionnel que ma mère m’a si bien enseigné.

Je suis unique et j’en suis fière. Je suis de retour à la maison !